Cours sur le Tanach par Rav Dynovisz

David - 27

May 2, 2012

Le Ralbag observe : « Comment David a-t-il pu arriver à la conclusion de tuer Naval et toute sa maison, lui qui a pu se retenir face à Shaül, alors qu’il avait toutes les raisons de le tuer ? David n’a pas changé, mais c’est la situation qui a changé. » En effet, avant de mourir, Shmuel a révélé et, « désormais, tout Israël sait que David a été oint roi d’Israël. Naval se retrouve maintenant dans la situation de mored bemal’hout (il porte atteinte au roi et à la royauté). Et la Torah confère au roi le pouvoir de se débarrasser de lui. » D’ailleurs, c’est ce que dit Avigaïl : tu viens au nom de la royauté d’Israël. David n’agit donc pas par colère, mais il se contrôle parfaitement. Désormais, comme roi, il doit réagir d’une façon nouvelle, car un roi ne peut laisser quelqu’un offenser ce qu’il est et ce qu’il représente. Les Maîtres expliquent qu’il y a 3 personnages qui représentent un pouvoir : le père, le maître et le roi. Et voici comment ils doivent réagir, quand leur pouvoir est contesté ou qu’ils sont offensés : un père a le droit de ne pas tenir rigueur à son enfant qui l’a offensé. De même, le maître par rapport à son élève. Par contre, « un roi offensé n’a pas le droit de dire que ce n’est pas grave. Il est obligé de réagir ». Certes, il a le droit de mesurer sa réaction, mais il est obligé de réagir, et la Torah lui donne même le droit d’éliminer celui qui s’est dressé contre lui. Car les deux 1ers ne représentent qu’eux-mêmes, et l’offense est seulement par rapport à eux. Au contraire, le roi représente le peuple d’Israël, l’identité d’Israël, et même le Dieu d’Israël. Bien sûr, s’il est offensé de façon personnelle, il peut renoncer à punir, mais s’il est offensé en tant que roi, il ne peut laisser passer. David est prêt à punir Naval, car c’est ce qui doit être fait. Quels vont donc être les arguments d’Avigaïl, pour lui montrer qu’il a raison en théorie, mais qu’il se trompe dans la pratique ? Le Malbim dit que « dans la mesure où tout le monde a su qu’il avait été oint, il était obligé d’accomplir la loi de mored bemal’hout. Et il a rassemblé un tribunal » qui a rendu un jugement dans le sens d’une punition. Avigaïl lui dit « mon but est de permettre à ta royauté de devenir éternelle. Tous tes combats n’ont toujours été que des combats pour Hachem. Tu ne t’es battu que contre l’ennemi qui représente l’idolâtrie (par ex : Goliat qui a insulté Israël et Hachem) Veux-tu recommencer les mêmes erreurs que Shaül ? Sache que la véritable raison pour laquelle il a perdu la royauté, c’est parce qu’il a mal utilisé son droit » (il s’est attaqué à ses ennemis dans le peuple d’Israël). Cela évoque la différence entre le décret écrit, puis le moment où il est scellé : Shaül avait épargné Amalek et avait été destitué, c’est l’écriture du décret ; mais un temps est encore donné à l’homme pour faire téchouva, avant le sceau du décret : le décret fut scellé lorsque Shaül s’est débarrassé de ses ennemis dans le peuple d’Israël, au nom de la loi l’autorisant à le faire. Tous les rois juifs ayant utilisé ce droit ont tous été destitués, ou ont perdu leur royaume, même Salomon. Seul David ne l’a jamais utilisé, et il est resté roi jusqu’à la fin. Son pouvoir n’a jamais été remis en cause, car il ne l’a jamais construit sur la force, ni même sur le droit donné au roi. De là, on apprend que la Torah donne des autorisations qui sont seulement un test, pour nous, et qu’il ne faut pas les utiliser. C’est le même principe que la théorie et la pratique concernant la condamnation à mort : elle est possible, en théorie, mais en pratique elle est inutilisable. C’est le sod de Naval bereshut haTorah : « une ordure avec la permission de la Torah ». David n’aurait commis aucune faute, en tuant Naval, mais sa royauté n’aurait pu être éternelle. Le roi est celui qui sait s’imposer, non par la force de l’épée, ou par des combines et complots, mais en dévoilant sa véritable grandeur : il s’impose par le cœur, la pnimiout, l’intériorité ; une main de fer dans un gant de velours (ce qui est le contraire des dirigeants du monde). Le Malbim rajoute comme explication à l’argumentation d’Avigaïl : « C’est vrai que nous venons tous de comprendre qu’il y a longtemps que tu aurais dû être roi. Mais cette réalité de ta royauté n’est pas encore inscrite dans le monde concret, puisque Shaül est encore sur le trône. » Avigaïl part de la façon dont David lui-même voit le monde et cherche la volonté d’Hachem : les situations concrètes sont seulement les signes de ce qui est en Haut. David n’est pas encore assis sur le trône, et il doit donc comprendre qu’il ne peut encore utiliser tous les droits d’un roi. Il reste une étape dans la réalisation. Avigal a donc dévoilé les 2 fondements de la vraie royauté d’Israël qui sont, d’abord, de ne pas se servir de son droit pour imposer son pouvoir par la violence ; et, aussi, que la véritable grandeur d’un roi est de toujours analyser tous les éléments de la réalité, afin de comprendre ce que veut Hachem.

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